Darfour : les É.-U. incitent le Soudan à accepter le plan de maintien de la paix

Propos De Mm. Andrew Natsios Et Jean-marie Guéhenno à L'institut Brookings De Washington

Departement Americain, 21 Décembre 2006

Washington - L'envoyé du président Bush au Soudan, M. Andrew Natsios, a déclaré que les États-Unis souhaitaient que le conflit en cours au Darfour soit le dernier dans ce pays, lors d'une conférence organisée à l'Institut Brookings le 20 novembre, à Washington.

Les États-Unis, a-t-il dit, sont en faveur des plans de l'ONU destinés à rétablir la paix au Darfour ainsi que du document élaboré lors de la réunion qui a eu lieu le 16 novembre au siège de l'Union africaine à Addis-Abéba (Éthiopie).

Ce document, qui a reçu l'aval de l'Union africaine, de la Ligue arabe, des États-Unis, du Royaume-Uni, de la Chine, de l'Union européenne et d'autres pays porte sur les éléments principaux de la résolution 1706 du Conseil de sécurité de l'ONU, notamment sur l'accroissement de la force de maintien de la paix au Darfour qui devrait comprendre quelque 20.000 hommes. Cette force se composerait essentiellement d'Africains et serait commandée par un général africain. Son financement serait cependant principalement assuré par l'ONU.

Le ministre soudanais des affaires étrangères, M. Lam Akol, a exprimé l'accord de principe de son gouvernement au sujet du document d'Addis-Abéba, a indiqué M. Natsios lors du point de presse quotidien du département d'État, le 20 novembre. Il reste cependant des questions en suspens, notamment le nombre de soldats affectés à cette force, pour lesquelles le gouvernement soudanais doit donner son accord. « Nous demandons instamment au gouvernement soudanais d'adopter le document issu du consensus de la communauté internationale », a-t-il dit.

Pour sa part, le sous-secrétaire général de l'ONU chargé des opérations de maintien de la paix, M. Jean-Marie Guéhenno, qui a aussi pris la parole lors de la conférence de l'Institut Brookings, le 20 novembre, a déclaré que la réunion d'Addis-Abéba avait été suivie d'un appel en faveur d'un cessez-le-feu, mais que ce cessez-le-feu ne donnerait aucun résultat s'il n'y avait pas de processus politique. La création d'une force de maintien de la paix ne résoudra pas, selon lui, le problème si elle ne s'accompagne pas d'un processus politique crédible. « Il faut relancer le processus politique, et l'ONU est maintenant prête à faire ce qui lui incombe avec l'Union africaine pour faciliter ce processus politique. »

Des réunions portant sur les questions abordées à Addis-Abéba doivent avoir lieu sous l'égide tant de l'ONU que de l'Union africaine. Le document prévoit aussi que l'ONU et l'Union africaine nomment d'un commun accord un représentant spécial du secrétaire général de l'ONU. Aussi bien M. Natsios que M. Guéhenno ont indiqué que l'une des difficultés qui avaient empêché la conclusion d'accords au Darfour était la multiplicité des négociations entre divers groupes et que le nouveau plan devrait supprimer cette difficulté.

M. Guéhenno a indiqué que le déploiement de la force de maintien de la paix devait avoir lieu avec l'accord du gouvernement soudanais. « Des entretiens vont se tenir entre l'ONU, l'Union africaine et le gouvernement soudanais de sorte que nous puissions être tous d'accord sur le calendrier et la forme du déploiement à effectuer dans les meilleurs délais. »

Pour sa part, M. Natsios a mentionné le fait que le gouvernement soudanais soupçonnait les États-Unis d'avoir un plan occulte pour le Darfour et il a souligné que c'était « absurde ». « Le seul plan que les États-Unis aient pour le Darfour a trait aux droits de l'homme et à l'aspect humanitaire du conflit. »

Si l'on veut que l'accord de paix soit couronné de succès, a-t-il dit, il sera nécessaire que les divers groupes désarment. Ce qui rend ce conflit plus destructeur que les guerres précédentes dans cette partie du monde, c'est le recours à des armes lourdes, a-t-il ajouté.

Le mandat de la force de maintien de la paix de l'Union africaine au Darfour arrivera à expiration le 1er janvier 2007. Par ailleurs, il y aura en janvier prochain un nouveau secrétaire général à l'ONU et une nouvelle législature aux États-Unis. À cause de ces trois facteurs, tant M. Guéhenno que M. Natsios estiment qu'il est urgent que les parties participant aux négociations relatives au Darfour parviennent à des accords définitifs. On ne peut pas se permettre de perdre du temps, a fait remarquer M. Guéhenno.