Le Soudan réclame un autre représentant de l'Onu après Jan Pronk Reuters

Rédaction

L'express, 27 Octobre 2006

L'ambassadeur du Soudan aux Nations unies a déclaré que l'expulsion de l'envoyé spécial des Nations unies dans son pays Jan Pronk était du passé et que l'Onu devait envoyer un nouveau représentant.

Le diplomate néerlandais, qui a quitté Khartoum lundi soir, a suscité la colère des autorités soudanaises en écrivant sur son site internet que le moral de l'armée était tombé au plus bas à la suite de deux défaites infligées par des rebelles du Nord-Darfour.
Jan Pronk, qui est âgé de 66 ans, était en poste depuis deux ans. Il a été rappelé à New York pour des consultations avec le secrétaire général des Nations unies Kofi Annan, qu'il a rencontré jeudi. Il s'adressera au Conseil de sécurité vendredi après-midi.

"Pour nous, M. Pronk, c'est de l'histoire", a déclaré l'ambassadeur du Soudan Abdalmahmood Mohamad aux journalistes. "Il n'était pas un soutien. Il a été grossier et il est devenu une partie du problème, pas la solution."
L'armée soudanaise a qualifié le représentant spécial de Kofi Annan au Soudan de menace pour la sécurité nationale du pays.

Bien qu'un retour de Pronk à Khartoum serait une surprise, un porte-parole de l'Onu, Stéphane Dujarric, a indiqué que le diplomate néerlandais avait toujours le "soutien total du secrétaire général et son entière confiance".
"En ce qui nous concerne, son statut reste inchangé", a ajouté le porte-parole.
Selon Mohamad, Jan Pronk a outrepassé sa mission.
"Est-ce là le mandat de Kofi Annan ? Est-ce que c'est le mandat de M. Pronk de décrire le moral de l'armée et les opérations de l'armée et les personnes tuées par l'armée ?"

Jan Pronk a également écrit que Khartoum répondait à la violence au Darfour en augmentant ses troupes dans la région et en "mobilisant des milices arabes" accusées de pillage, meurtres, viols et autres atrocités.
Le gouvernement soudanais refuse l'envoi de casques bleus de l'Onu au Darfour pour y prendre la relève des 7.000 soldats de la paix et observateurs de l'Union africaine, qui manquent de moyens.

Pronk et d'autres responsables des Nations unies ont suggéré que la force de l'Union africaine soit étoffée par d'autres soldats et observateurs de façon à protéger les civils au Darfour tout en permettant à Khartoum de sauver la face.
Le conflit au Darfour a fait plus de 200.000 morts au cours des trois ans écoulés et 2,5 millions de réfugiés.