Obasanjo redoute un Genocide au Darfour

Redaction

Nouvel Observateur, 11 Octobre 2006

Le président nigérian refuse de "rester les bras croisés" pour assister "à un génocide au Darfour".

L e président nigérian Olusegun Obasanjo a déclaré mardi 10 octobre redouter un génocide au Darfour, la province occidentale du Soudan grande comme la France où quatre humanitaires de l'ONG française Médecins sans Frontières (MSF) ont été agressés en septembre.
Dans un discours prononcé au siège de l'Union africaine dans la capitale éthiopienne, Obasanjo a déclaré: "Il n'est pas dans l'intérêt de l'Afrique, ni même du monde que nous restions les bras croisés et assistions à un génocide au Darfour".

Le Darfour, qui est limitrophe du Tchad, est le théâtre d'une guerre civile et d'exactions qui ont fait 200.000 morts et près de deux millions de déplacés depuis 2003.
Des milices arabes soutenues par le gouvernement central de Khartoum sont accusées de terroriser les populations négro-africaines et de se livrer à des opérations de "nettoyage ethnique". Le département d'Etat américain parle quant à lui de "génocide" au Darfour.

A Dakar, les autorités ont annoncé mardi que les président du Sénégal, du Gabon et du Nigeria s'apprêtaient à se rendre à Khartoum pour tenter de persuader leur homologue Omar Hassan al Bachir d'accepter le remplacement par des casques bleus de la force de l'UA incapable de rétablir la sécurité au Darfour.

Pas de casques bleus

L'annonce de cette mission a été faite par le chef de la diplomatie sénégalaise, Cheikh Tidane Gadio, qui a indiqué à la presse qu'il se rendrait mercredi 11 octobre dans la capitale soudanaise pour préparer cette mission présidentielle ouest-africaine dont il n'a pas fourni la date.
Les autorités de Khartoum s'opposent farouchement à la décision du Conseil de sécurité des Nations unies de déployer dans la province occidentale soudanaise des milliers de casques bleus pour mettre fin aux violences ethniques.

Alors que le Soudan dénonce une tentative de recolonisation et de déstabilisation, les trois "sages" africains seront chargés d'expliquer à Bachir que la volonté de l'Onu est celle de l'ensemble du continent africain.
"La tragédie de Darfour continue", a noté Gadio. "Il faut que le continent explique très clairement que la souveraineté du Soudan n'est pas en cause - l'intégrité territoriale du Soudan, nous la défendrons avec le Soudan - et que cette mission (des forces de l'ONU) concerne simplement la sécurisation des populations du Darfour. Donc surtout, il faut donner des assurances, des explications."