Force de paix au Darfour : optimisme de Louis Michel

Afriquecentrale.info

Afriquecentrale.info, 02 Octobre 2006

Le commissaire européen au Développement, Louis Michel (photo) s'est dit "optimiste" lundi quant au transfert à l'Onu de la force de paix de l'Union africaine (UA) au Darfour (ouest du Soudan), malgré l'opposition actuelle des autorités de Khartoum.

"Je suis optimiste (...), je suis très frappé par la qualité de la relation que nous avons eue avec le président (soudanais Omar) el-Béchir" ce week-end, a déclaré M. Michel à la presse à Addis Abeba, au siège de l'UA.

"Il y a assez d'éléments qui nous permettent de penser que nous trouverons les arguments nécessaires pour convaincre le gouvernment soudanais de bouger là-dessus (l'opposition au transfert vers les Nations unies) dans un délai raisonnable", a-t-il poursuivi.

"Mais nous devons aussi de notre côté tenir compte de leurs problèmes", a-t-il cependant nuancé. Mettre "plus de pression sur les rebelles qui n'ont pas signé l'accord" de paix sur le Darfour du 5 mai 2006 pourrait notamment rendre le gouvernement soudanais plus "flexible".

"La situation au Darfour se détériore (...). Il est évident que l'UA ne peut pas dans l'état actuel des choses assurer le travail si elle n'a pas une contribution de l'Onu", a conclu M. Michel.

Il s'exprimait à l'occasion de la première visite d'une importante délégation de la Commission européenne au siège de l'UA à Addis Abeba pour s'entretenir de coopération entre les deux organisations.

Le président de la Commission européenne, José Manuel Durao Barroso, et huit commissaires se sont déplacés pour cette "visite historique".

Samedi et dimanche, MM. Barroso et Michel étaient au Soudan, notamment pour tenter de convaincre le président soudanais d'accepter le transfert à l'Onu de la force de paix de l'UA au Darfour.

Le gouvernement soudanais a à plusieurs reprises rejeté cette offre, estimant qu'un tel déploiement risquerait d'aggraver la situation dans la région.

La guerre civile au Darfour et ses conséquences humanitaires ont fait au moins 200.000 morts depuis février 2003.